Ruisselet sur le parcellaire acquis, vieille forêt pyrénéenne de part et d’autre © Philippe Falbet

Dates d’acquisition : avril 2019, août 2021, avril 2024, Juin 2025, Juillet 2025, Octobre 2025, Novembre 2025

Propriété actuelle de Forêts préservées : 66,2 hectares

Localisation : massif forestier d’environ 200 hectares, haute chaîne pyrénéenne, Ariège

Type de forêt : hêtraie sapinière en versant nord

Altitude : entre 1300 et 1800 mètres

Chasse : Pression de chasse très faible, en raison des très fortes pentes par endroits, de l’inexistence de routes forestières et sentiers, de nombreux départs de sources en talwegs freinant la progression pédestre

Zone d’éboulis dans la sapinière sur le parcellaire acquis © Philippe Falbet

Intérêts du projet :

  • Forêt ancienne d’une superficie d’environ 200 ha, sans aucune piste forestière, au parcellaire très morcelé, ce qui en fait une zone à l’habitat forestier préservé.
  • Exploitée jusqu’à la fin du XIXème siècle (nombreuses places de charbonnage), faiblement exploitée par la suite jusqu’à il y a 50 ans puis plus du tout, la forêt présente de nombreux îlots de vieux bois présentant des attributs de maturité (gros arbres vivants présentant de nombreux dendromicrohabitats, gros bois mort au sol et sur pied, etc)
  • Il existe environ 1000 hectares inventoriées en vieille forêt sur la totalité du département de l’Ariège. Plusieurs « patchs » de 5 à 10 hectares sont ici inventoriés comme vieille forêt pyrénéenne. Ce sont prioritairement ces zones, les plus matures, que nous avons acquises.
  • Écosystème très riche en terme de biodiversité, du fait des stades matures et pré matures de la forêt. Site vital pour le Grand tétras avec 2 places de chant, habitat du Chat forestier, du Pic noir, de la Chouette de Tengmalm. Nombreuses colonies de Fourmis rousses des bois.
  • Milieu « mosaïque » naturel : départs de sources, zones d’éboulis hébergeant une flore diversifiée très intéressante pour la faune (myrtilliers, framboisiers, sureaux rouges, etc), milieux ouverts partiellement recolonisés par des sorbiers des oiseleurs, idéaux pour la chasse des chiroptères forestiers
  • en connexion directe avec les sommets de la haute chaîne
  • Une réunion d’information dans le village en novembre 2019 a permis d’aborder les richesses naturelles de cette forêt, de répondre aux questions et de faire comprendre quels étaient nos objectifs.

Objectifs :

Totalement privé, ce massif de 200 hectares est constitué d’une myriade de parcelles appartenant à de très nombreux propriétaires. Nous avons acheté des parcelles à environ 20 propriétaires, pour la plupart des familles du village en contrebas.

L’absence d’intervention sylvicole garantie sur le très long terme dans ces parcelles permet dès à présent de pérenniser ses forts enjeux biologiques.

Nous préservons à l’heure actuelle, environ 1/3 du massif et plus de la moitié des patchs de vieilles forêts. Plusieurs personnes ne souhaitent pas vendre ces « biens de famille », ce que nous comprenons. Considérant cela, nous arrivons au bout des acquisitions possibles actuellement et pensons avoir atteint notre objectif.

Aucun sentier n’existe plus dans ce massif constitué de très fortes pentes. Toutefois, comme dans tous nos autres sites préservés, les usages existants sont autorisés.

Vue partielle du site
Très gros sapin de 116 cms de diamètre dans un des patchs de vieille forêt
Colonie de fourmis rousses des bois (Formica rufa) dans la vieille forêt préservée. Les fourmis rousses représentent un maillon essentiel des écosystèmes forestiers des régions tempérées. Elles agissent sur leur biotope en modifiant la structure et la composition physico-chimique du sol. Les ouvrières rapportent au nid plusieurs kilos de proies, de matières végétales et de miellat chaque année. Cela génère d’importantes quantités de déchets organiques qui, lors de leur décomposition, libèrent des nutriments dans le sol. Elles ont un rôle majeur dans la dispersion de plantes spécialistes caractéristiques des forêts anciennes. Omnivores, elle régulent la présence de nombreux parasites (dont les tiques). La préservation de leurs populations est largement compromise par la fragmentation de leur habitat mais aussi la sylviculture et l’utilisation de gros matériels forestiers. En France, leur prise en compte par les sylviculteurs, gestionnaires et aménageurs est actuellement insuffisante.

 

Très gros bois mort dans la vieille forêt
Zone de vieille forêt où naît une source. Nous protégeons environ la moitié des patchs de vieille forêt présents dans le massif.