Haut Salat

Vue d’ensemble de la parcelle © Philippe Falbet

Dates d’acquisition : Septembre 2022 et Juin 2025

Propriété actuelle de Forêts préservées : 17 hectares

Localisation : massif forestier de plusieurs centaines d’hectares situé dans le Haut Salat, en Ariège

Type de forêt : hêtraie située sur de fortes pentes avec une succession de ravins encaissés, majoritairement d’orientation Nord et Est

Altitude : entre 1100 et 1600 mètres

Chasse : La partie basse fait l’objet de battues aux sangliers. Les conditions d’accès dans la zone à fort enjeu biologique (50 ha environ) sont très difficiles, elle n’est parcourue par les chasseurs qu’occasionnellement.

 

Ravin encaissé où coule un petit ruisseau ou ru, pratiquement à sec lors de l’été 2022  © Philippe Falbet

Intérêts du projet :

  • Nous avons acquis deux lots représentant 17 hectares dans un Bien Non Délimité de plus de 250 hectares (voir la définition d’un BND ici).

  • La forêt, exploitée pour le charbonnage jusqu’au début du XXème siècle, est en évolution naturelle depuis plusieurs décennies. Sur la partie basse, une exploitation intensive a été réalisée par câble il y a environ 30 ans. Une ancienne piste d’exploitation pénètre la forêt par le nord sur quelques centaines de mètres, elle s’arrête vite. Ensuite … il n’existe aucune pénétration par des routes ou pistes forestières à l’intérieur du site. Aucune zone de pâturage n’est concernée.

  • La forêt est une succession de zones à pente moyenne, de ravins encaissés aux ambiances très fraîches et de versants et crêtes plus sèches. Elle est majoritairement composée de hêtres de diamètre moyen. Le sapin y est parfois présent, encore timidement, en sous étage. On trouve des chênes sessiles en mélange avec le hêtre dans les parties basses. Elle est traversée par des ruisseaux, des chaos rocheux, des éboulis, des zones humides, d’anciennes pâtures recolonisées par les fougères aigle et les bouleaux. 

  • La parcelle est en contact direct avec l’étage subalpin et au dessus, avec des pics culminant à plus de 2200 mètres d’altitude. Une vieille forêt de montagne de plusieurs dizaines d’hectares (sapinière à forte maturité), inventoriée et validée par le GEVFP (Groupe d’Etudes des Vieilles Forêts Pyrénéennes), est à seulement deux kilomètres à vol d’oiseau.

  • La majorité de la parcelle est très difficile d’accès pour le promeneur. Isards et cervidés s’y réfugient  en période hivernale. Toute la partie haute est répertoriée comme « site vital Grand tétras », l’espèce y est citée présente, notamment en période de reproduction. Ses sites d’hivernage, composés de massifs de résineux, quant à eux, sont à quelques minutes à vol d’oiseau.

    Objectifs :

    Une partie conséquente de ce massif présente de forts enjeux écologiques de par sa situation et son inaccessibilité.

    Environ 50 hectares de cette immense parcelle sont inaccessibles, très sauvages, avec une évolution naturelle existant depuis au moins 100 ans. On y trouve de très gros hêtres, des chaos rocheux, de grandes stations de Scille lis-jacinthe (Scilla lilio-hyacinthus), indicatrices de l’ancienneté de cette partie de la forêt. Plusieurs lichens Lobaria pulmonaria y ont des tailles exceptionnelles sur de vieux hêtres tortueux.

    De nombreuses loges de Pic noir y permettent la présence potentielle de la chouette de Tengmalm, qui niche quasi exclusivement dans ses anciennes loges. Nous sommes en aire de présence globale du Grand tétras (reproduction avérée et place de chant il y a quelques années encore, mais aucun contrôle n’a été effectué depuis).

    C’est la pérennisation de l’évolution naturelle de cette partie de la forêt (50 hectares) qui nous intéresse.

    Dans quelques décennies, la maturité du peuplement lui permettra de devenir une vieille forêt, véritable cœur de biodiversité, en continuité écologique avec les autres vieilles forêts présentes sur cette partie de la haute chaîne pyrénéenne.

    Le principal propriétaire détenant des lots dans cet immense BND, est au fait de cet enjeu écologique. Il réfléchit actuellement à la mise en sylviculture d’une partie du BND qui n’est pas concernée par ces 50 ha.

    Le lichen Lobaria pulmonaria est sensible a la pollution de l’air, il est en ce sens un très bon indicateur de sa qualité. Il peut atteindre une taille imposante lorsqu’il se développe sur l’écorce de vieux hêtres comme celui ci. © Philippe Falbet
    La couleur vive de cette trémelle contraste avec la couleur sombre de l’écorce du bois mort. © Philippe Falbet

    La parcelle est parcourue par de nombreux ruisseaux qui viennent grossir un affluent du Salat. © Philippe Falbet