Bassin du Rebenty

Sur 30 mètres de longueur environ, le fonds préserve ces magnifiques sources pétrifiantes d’une quinzaine de mètres de haut, avec formation de travertins spécifiques.

Dates d’acquisition : Août 2026, Septembre 2026

Propriété actuelle de Forêts préservées : 4,96 hectares

Localisation : massif forestier dans le bassin du Rebenty

Type de forêt : hêtraie sapinière

Altitude : entre 650 et 700 mètres

Chasse : Rares battues au sanglier, peu pratiquées en raison de fortes pentes

Le versant du talweg en cours d’acquisition

Intérêts du projet :

1. Cascade tuffeuse et talweg :

Ce projet s’inscrit dans un achat groupé d’une forêt de 67 hectares occupant un versant nord dont la partie haute se prête à l’exploitation forestière, ainsi qu’un versant sud où nous préservons une zone à fort enjeu écologique :

  • Le Groupement forestier du Turfu a acquis la majorité du massif, en versant nord. Sa gestion s’appuie « sur les principes de la Sylviculture Irrégulière Continue Proche de la Nature (SICPN) ou Sylviculture Mélangée à Couvert Continu (SMCC), promus par l’association Pro Silva » (extrait du « pacte d’associés » du groupement). Le versant nord est principalement composé d’un peuplement de Pins sylvestres, parfois en mélange avec des érables champêtres ou du taillis de hêtres. Il est prévu qu’il sera exploité dans sa partie haute, la plus accessible.

  • L’un des membres fondateurs du fonds, habitant le secteur et connaissant parfaitement cette forêt, est ancien forestier. Il a acquis pour sa part environ 17 hectares sur le versant sud, composés d’une part de Pins sylvestres, d’autre part d’un taillis de chênes. Son souhait est de laisser en évolution naturelle une grande partie du site, et ailleurs de transmettre un savoir-faire partant de l’observation du milieu, de pratiquer des chantiers école sur le mode d’une sylviculture et extensive et respectueuse, qui sera réalisée sans mécanisation lourde et utilisera la piste existante.

  • Le fonds Forêts préservées a acquis la partie haute du versant sud, présentant le plus fort intérêt écologique, en août 2026. 

    Celui-ci abrite une barre rocheuse d’environ 30 mètres de long d’où jaillissent des sources pétrifiantes avec formation de travertins. qui correspondent à des formations végétales enrichies en carbonates de calcium. Cet habitat est caractérisé par la présence de mousses spécifiques. Ces sources sont désormais préservées.

    Juste en contrebas, un talweg aux ambiances fraîches renferme une hêtraie sapinière sur environ 600 mètres linéaires avec de très gros sapins (de 70 à 85 cms de diamètre), et des chandelles où viennent se nourrir les Pics. Ce talweg renferme un cours d’eau aux eaux pures qui s’écoule en vasques de travertins. Ce talweg (1,5 ha) est en cours d’acquisition par Forêts préservées.

  • Les enjeux de protection du cours d’eau sont importants : plusieurs bénévoles du fonds, en expédition nocturne, ont observé des Calotritons des Pyrénées, espèce endémique des Pyrénées, des Ecrevisses à pattes blanches, ainsi que des Crapauds alytes accoucheur catalans. Le Crapaud alyte catalan (Alytes almogavarii) a une aire de répartition très réduite, étant présent uniquement dans une petite partie de l’Espagne, dans l’Aude et les Pyrénées orientales.

Cette initiative commune montre que sylviculture douce et préservation peuvent aller de pair, sur un même territoire, afin de satisfaire aux enjeux de récolte de bois et de protection de la biodiversité. Nous nous en félicitons !

2. Forêt diversifiée et ripisylve

A 200 mètres de là, en versant nord, la forêt présente une intéressante diversité d’écosystèmes forestiers.

Près de la rivière en bas de versant, la ripisylve est constituée de hêtres, d’aulnes glutineux, de très gros peupliers blancs, de grands frênes ainsi que de sapins pectinés épars. Elle est très certainement fréquentée par le Desman des pyrénées (données anciennes, à vérifier) et par le Calotriton des Pyrénées, deux espèces endémiques et emblématiques des rivières de la chaîne pyrénéenne.

Juste au-dessus, dans une ambiance encore fraîche, une hêtraie sapinière avec de nombreux sapins très matures, morts au sol et sur pied, cède la place au fur et à mesure de la montée à des essences pionnières ou post pionnières (tilleuls, saules marsault, trembles, merisiers, etc) et à une zone de très gros chênes sessiles tortueux magnifiques, de plus de 70 cms de diamètre. C’est un lieu de passage de l’isard et les pics y sont très actifs.

Un ravin situé au-dessus de cette zone boisée, aux ambiances fraîches, est composé d’un magnifique îlot de vieille hêtraie avec de gros bois morts au sol. Un ruisseau où existent très probablement le Desman et le Calotriton y coule toute l’année, et se déverse quelques centaines de mètres plus bas dans la rivière.

Les ripisylves servent de corridors pour la faune, limitent la fragmentation des habitats, maintiennent la fraîcheur des cours d’eau, jouent un rôle clé dans les périodes de crues, dans la protection des berges et des sols. Ces continuités ont tendance à disparaître sans que l’on y prête attention, ces espaces sont souvent considérés comme secondaires.

Nous avons acquis en septembre 2026, 2,4 ha et sommes en cours d’acquisition de 4,56 ha (pour plus d’informations, cliquer ici).

Le Calotriton ou Euprocte des Pyrénées (Calotriton asper) est un grand amphibien (10 à 16 cms de long) endémique du massif pyrénéen et de son piémont (c’est à dire, qu’on ne le trouve que dans cette aire géographique dans le monde). Espèce relique des temps anciens, il y est présent depuis l’époque des dinosaures. © Claudine Delmas
Membre du fonds au pied des sources tuffeuses, été 2026
Autre vue des sources tuffeuses
Zoom sur la formation caractéristique qu’est le tuf
Crapaud alyte accoucheur catalan. C’est le mâle qui porte les œufs. Ils se développent sur le dos du mâle pendant 3 à 8 semaines avant qu’il ne les dépose dans l’eau juste avant leur éclosion. Cette espèce est en régression et a disparu dans une partie importante de son aire de répartition. © Claudine Delmas