Date de création : Janvier 2019

Composition actuelle : 5 membres fondateurs, 2 membres d’honneur

Indépendance du fonds : Totale. Aucune subvention publique, tous les membres sont bénévoles.

La présentation ci-dessous permet de savoir qui sont les membres fondateurs, pourquoi ils ont choisi de s’engager ensemble au service de la nature et de la préservation des forêts naturelles, notamment dans les Pyrénées.

Chacun(e) a choisi une citation qui résonne particulièrement pour lui (elle).


Philippe Falbet

                                                                « Vous aimez la nature ? Alors foutez-lui la paix »

(François Terrasson)

J’ai vécu 8 ans en Amérique latine tropicale, au contact de forêts nuageuses d’altitude intouchées. A mon retour en France, c’est dans les fonds de vallons moussus et oubliés des Pyrénées que j’ai ressenti des sentiments de ressourcement approchants.

Je souhaite au plus profond de moi un cadre de vie où la Nature existe dans toute sa grandeur au plus près de chez nous, pour nous, pour les enfants d’aujourd’hui et de demain. Pour cette raison, et parce que préserver ces forêts est devenu comme une « mission interne de vie », je suis passé à l’action dans les années 2000.

Après avoir créé le site bénévole www.vieillesforets.com, je me suis engagé professionnellement à l’association Nature Comminges, j’y anime l’Observatoire des forêts commingeoises. Parmi mes missions, je siège dans des instances régionales où se modèle la politique forestière, pour la prise en compte de l’écologie dans la gestion dite durable. Localement, j’inventorie des vieilles forêts pyrénéennes, sensibilise différents publics à leur reconnaissance et leur préservation.

J’ai voulu aller plus loin en m’engageant dans la création de ce fonds de dotation, car en France, la propriété est souveraine et est actuellement le moyen le plus fort d’agir pour la préservation. Au vu de l’accueil fait à notre projet, je pense et espère, que d’autres forêts suivront bientôt …

Sophie Maillé

Un jour viendra, et plus tôt qu’on ne pense,

où le degré de civilisation se mesurera non à l’emprise sur la nature,

mais à la quantité et à la qualité,

à l’étendue et à la sauvagerie de nature qu’elle laissera subsister. »

(Robert Hainard)

Après avoir vécu intensément 4 années en Amazonie (Guyane française) où  j’ai travaillé au sein de la fantastique équipe du Groupe d’Etude et de Protection des Oiseaux en Guyane (GEPOG)  et où j’ai connu une nature sauvage, exubérante, extraordinaire,…

… quelques années plus tard,  de retour dans mes Pyrénées natales, je recherchais partout des restes d’une nature authentique. J’ai fait la rencontre de Philippe Falbet qui avait ce même appétit. Cette rencontre, croisée avec celles de Nature En Occitanie (NEO) où je suis chargée d’étude Forêts et territoires à l’Observatoire des Forêts des Hautes Pyrénées, de Nature Comminges, des scientifiques du Groupe d’Etudes des Vieilles Forêts Pyrénéennes et d’autres personnes extraordinaires, nous a mené à travailler ensemble pour la préservation des vieilles forêts pyrénéennes. Nous œuvrons également à l’accompagnement d’une meilleure prise en compte de la biodiversité dans la gestion forestière et dans les projets de mobilisation des bois.

C’est donc tout naturellement que j’ai rejoins l’équipe de Forêts préservées afin de poursuivre ces actions fortes en faveur d’une nature libre.

Frédéric Lagreze

« Si, marchant dans la forêt, tu rencontres deux fois le même arbre, c’est que tu es perdu. »

(proverbe chinois)

Natif de la haute vallée de l’Aude, la nature et ses forêts environnantes ont été dès l’enfance un terrain de jeux, d’explorations, d’aventures, mais aussi un refuge nécessaire, salvateur.

Après des études de technicien « technico-commercial du bois », j’ai travaillé au sein de diverses entreprises de première transformation et dans le secteur de l’exploitation forestière. Ces activités professionnelles m’ont permis de découvrir et arpenter de nombreux massifs forestiers des Pyrénées et de son piémont, mais aussi de constater les incohérences de certaines pratiques sylvicoles et les dégâts qu’elles engendrent.

La rencontre avec Philippe Falbet et les enseignements de son expérience « vieilles forêts », a conforté ma vision actuelle du milieu forestier. Je souhaite que ce projet Forêts Préservées permette d’agir de façon sensible et bienveillante.

Patrick Pappola

« Voir un ours était à la fois, pour moi, un rêve fabuleux

et une exigence d’une existence normale,

selon les normes d’un monde auquel je me sens rattaché

et que je ne peux croire révolu à jamais. »

(Robert Hainard)

J’aime à dire pour sourire que mon « habitat », c’est la hêtraie-sapinière. Pyrénéenne de préférence. Fasciné par l’ours, c’est sur sa piste que j’ai côtoyé les énormes troncs renversés couverts de lichens, les chandelles de vieux sapins secs constellés de trous de pics. Dans ces forêts moussues j’ai pu entendre le Grand-tétras comme revenu du début des temps, suivre des yeux une troupe de dizaines de sangliers de tout âge furetant groin à terre, observer une harde de chevreuils détaler se détachant comme un flot vivant à travers les troncs, des isards plongeant brutalement dans la pente, une autre vingtaine de biches entrant et sortant de la forêt en rythme avec le grand cerf. Dans ces grands bois d’altitude, je me sens à la fois chez moi et comme invité en un lieu sacré.

Précieux archipels de vie noyés dans des espaces moins palpitants, j’ai toujours souhaité voir préservés ces lieux de haute naturalité, ces « points chauds » de biodiversité. J’en ressens l’urgence constamment. En ces temps inédits de bouleversement climatique et d’effondrement du vivant, l’action est indispensable : nous avons assez parlé, assez crié, nous devons « faire » par nous-mêmes, inéluctablement, sans attendre encore que d’autres s’en chargent.

Je suis enseignant et administrateur bénévole de plusieurs associations de protection de la nature nationales et locales. Je mène en dilettante un modeste travail d’exploration en anthropologie de la nature dans l’objectif de mieux comprendre les racines de notre fracture avec le monde.

Hugo Salgado

« Nous ne défendons pas la Nature, nous sommes la Nature qui se défend ! »

(Youna Marette)

Natif de la grande ville, j’aimais prendre refuge dans les forêts voisines offrant la possibilité d’un autre monde, à la fois ancien et familier. Le contact avec la Nature est vite devenu un besoin, une nécessité et même une vocation. J’ai donc suivi une formation de biologiste et d’agronome spécialisé en foresterie tropicale, qui m’a amené à travailler sur la problématique de la déforestation dans différentes zones tropicales. Après ces années intenses, je suis revenu en France et j’ai exploré de nombreuses initiatives de permaculture et d’agroforesterie. Jusqu’à ce que vienne mon tour d’« atterrir » sur une montagne pyrénéenne sauvage et isolée. J’y vis depuis plusieurs années tantôt professeur de SVT, tantôt militant, tantôt jardinier. Cela m’ a permis de vivre au gré des saisons et de constater des phénomènes climatiques de plus en plus extrêmes ainsi qu’une détérioration des pratiques forestières notamment…

Nous sommes de plus en plus conscients « d’être entrés » dans une nouvelle ère où les phénomènes naturels deviennent imprévisibles mais des initiatives citoyennes et collectives se développent aussi pour nos forêts. Le fonds Forêts Préservées vient en complément des autres dynamiques comme la sylviculture douce comme possibilité pour changer notre rapport aux dynamiques naturelles des forêts, à leur beauté, à leur mystère, dans ce contexte planétaire de forte mutation.